
La surdité congénitale a de nombreuses causes génétiques. L'une d'elles implique des altérations du gène OTOF, qui code l'otoferline, une protéine nécessaire aux cellules sensorielles de l'oreille interne pour transmettre les informations sonores au nerf auditif. Certains enfants porteurs d'altérations pathogènes sur les deux copies d'OTOF naissent avec une surdité profonde.
Comment fonctionne le traitement expérimental ?
Le traitement expérimental, appelé DB-OTO, vise à délivrer les instructions génétiques permettant de produire l'otoferline aux cellules cibles de l'oreille interne. Comme le gène OTOF est trop volumineux pour tenir dans un seul vecteur viral, la cargaison génétique est répartie entre deux vecteurs conçus pour se réassembler à l'intérieur de la cellule.
Qu'a montré l'étude clinique ?
L'étude précoce à bras unique a traité 12 enfants porteurs de deux variants d'OTOF et d'une surdité profonde. Neuf participants ayant atteint l'évaluation à 24 semaines ont satisfait le critère d'évaluation du seuil auditif de l'étude, et certains auraient perçu la parole douce sans assistance.
Pourquoi le diagnostic génétique est-il essentiel ?
Des surdités qui se ressemblent peuvent résulter de gènes différents. Avant qu'une thérapie ciblant OTOF puisse être envisagée en recherche, un test moléculaire doit confirmer qu'OTOF est bien la cause. Ces résultats soulignent pourquoi l'identification du bon sous-type génétique peut conditionner l'accès aux études thérapeutiques.
Que signifie ce résultat aujourd'hui ?
Les résultats suggèrent que la fonction des cellules de l'oreille interne pourrait être restaurable dans une affection génétique spécifique où le nerf auditif reste globalement intact. Ce n'est cependant pas un traitement standard approuvé, ni un substitut aux aides auditives, implants cochléaires et soins spécialisés actuels.